Chongqing : Trois balades à pied pour découvrir la ville-montagne

Comment réussir sa première découverte de Chongqing en trois jours
En mars 2026, j’ai fait un grand voyage en Chine, avec pour premier objectif de découvrir les trains chinois, auxquels j’ai consacré une série d’articles. J’en ai profité pour visiter plusieurs villes, comme Pékin, Shenzhen, Shanghai, Hangzhou, Harbin ou Guangzhou. Parmi elles, j’ai eu un véritable coup de cœur pour une ville encore méconnue en Europe : Chongqing.
À partir de mon voyage, je vous propose trois balades à pied pour découvrir les différentes facettes de Chongqing, sans passer trop de temps à préparer vos itinéraires :
- Première balade : à la découverte de la péninsule de Yuzhong, le cœur historique de Chongqing
- Deuxième balade : découverte du métro et d'un Chongqing du quotidien
- Troisième balade : le long du Yangtsé et du Jialing
Chongqing est une métropole à laquelle on attribue de nombreux superlatifs : elle serait la plus grande ville du monde, mais on la surnomme aussi la ville-montagne ou la ville 8D, c’est-à-dire à huit dimensions !
Elle est devenue la coqueluche des Instagrammeurs et autres influenceurs en quête d’images fortes.
Je suis resté quatre jours à Chongqing, davantage que la plupart des touristes, qui n’y passent souvent que deux jours. Je suis parti au hasard, au gré de mon inspiration, sans trop chercher à optimiser mes balades. Cette approche m’a permis, je pense, de mieux capter l’esprit de la ville.
Je commence par revenir sur l’histoire et la géographie de Chongqing : deux éléments indispensables pour comprendre comment elle est devenue l’une des métropoles les plus étonnantes de Chine. Je vous présente ensuite Raffles City, cet ensemble architectural étonnant où j’ai logé et passé pas mal de temps.
Je conseille de consacrer une journée entière à chaque balade. Cela vous évitera de courir, car à Chongqing, plus que les distances, ce sont les dénivelés qui sont vite fatigants. Avec un programme pas trop serré, vous aurez aussi le loisir de faire d’autres découvertes, au gré de votre curiosité.
Enfin, je termine cet article par mes conseils pratiques pour préparer votre séjour.
Tous les textes en couleur corail indiquent un lien interne ou externe que je vous invite à cliquer.
Connaître le contexte historique et géographique de Chongqing permet de mieux comprendre la ville
Pour appréhender l'évolution fulgurante de la ville, j'ai visité le Chongqing Planning Exhibition Hall ainsi que le musée des Trois-Gorges. Je vous les conseille vivement. Je les ai d’ailleurs intégrés dans les balades que je vous ai proposées un peu plus loin dans l’article.
Chongqing, une ville stratégique au confluent de deux rivières
Située dans le sud-ouest de la Chine, Chongqing se trouve au confluent du Yangtsé et du Jialing, à environ 1 500 km à l’ouest de Shanghai et 1 300 km au sud-ouest de Pékin. Du fait de cette position stratégique, elle constitue l’une des principales portes d’entrée vers l’ouest de la Chine et le bassin du Sichuan. Son relief accidenté, traversé par deux grands fleuves, explique en grande partie son surnom de « ville-montagne ».
L’histoire de la ville remonte à plus de 3 000 ans, avec le royaume de Ba, qui y établit sa capitale dans un site hautement stratégique, car la ville est construite sur une péninsule à la jonction de la rivière Jialing, qui se jette dans le fleuve Yangtsé.

De la ville fortifiée à la capitale de guerre
C’est sous la dynastie Ming, au XIVe siècle, que Chongqing devient une véritable ville fortifiée entourée de remparts avec 17 portes. Sa structure restera relativement inchangée jusqu’au siècle dernier, comme en témoigne une autre maquette de la ville datant de 1940.

Dès 1937, face à l'avancée japonaise, le gouvernement nationaliste déplaça sa capitale à Chongqing qui, de ce fait, subit d’intenses bombardements aériens. Ensuite, de capitale de guerre, elle deviendra le siège du gouvernement républicain nationaliste opposé au pouvoir communiste incarné par Mao Zedong.
Dans les années 60 et 70, du fait de son emplacement géographique loin de la mer et de l’Union soviétique, le gouvernement communiste la transforma en une puissante ville industrielle capable de servir de base arrière pour le pays en cas de conflit militaire : « la troisième ligne ».
Depuis 1997, une métropole en pleine ébullition
Mais c’est à partir de la fin des années 1990, avec la volonté du Parti communiste, que la ville-montagne a littéralement changé d’ère pour devenir l’une des plus importantes métropoles de Chine. La construction de l’énorme barrage des Trois-Gorges sur le fleuve Yangtsé a accompagné ce changement ; bien que la ville soit située à plus de 600 km en amont du barrage, les conséquences ont été importantes pour Chongqing. Cela a permis à la ville de devenir un important port de marchandises et une porte d’entrée vers l’intérieur de la Chine.
À la même époque, en 1997, elle a été détachée de la province du Sichuan pour devenir une municipalité directement rattachée au gouvernement central. D'où la confusion fréquente sur sa population : plus de 30 millions d'habitants pour un territoire grand comme l'Autriche et qui comprend des territoires ruraux et d’autres villes, contre environ 11 millions pour l'agglomération urbaine proprement dite. Son pseudo-titre de « plus grande ville du monde » provient de cet écart administratif, mais elle reste malgré tout gigantesque !
Depuis près de trente ans, Chongqing connaît un développement accéléré : une véritable forêt de gratte-ciel, des lignes de métro et de monorail modernes, ainsi que des autoroutes urbaines aux échangeurs inextricables ont vu le jour. Son relief abrupt a ajouté une dimension vertigineuse à ce paysage urbain du XXIe siècle. Encore plus qu'à Pékin ou Shanghai, « le » Chongqing d’avant l’an 2000 a quasiment disparu.
Aujourd’hui, les autorités continuent de vouloir faire de Chongqing un pôle d’attractivité de l’intérieur du pays pour faire contrepoids avec les villes côtières, qui sont historiquement les plus développées.

C’est en visitant le Planning Exhibition Hall que j’ai pris conscience de l’importance de la planification à la chinoise. Cela m’a ensuite aidé à mieux percevoir ce qui fait le caractère unique et singulier de la ville, à travers mes découvertes et mes balades.
Raffles City : la nouvelle vitrine iconique de Chongqing
L’avantage de Chongqing, encore peu connue en Europe, c’est que, lorsque je descends du train, je n’ai aucune idée préconçue de ce qui m’attend. La surprise est totale !
J’arrive dans la matinée, après un voyage en train à grande vitesse de nuit depuis Pékin, à la gare de Chongqing Ouest : immense, moderne et vide. J’emprunte une ligne de métro flambant neuve qui m’emmène dans le centre-ville. J’ai choisi mon hôtel en regardant simplement une carte. Il est situé dans le quartier du Yuzhong, à la pointe d’une presqu’île où la rivière Jialing rejoint le fameux fleuve Yangtsé.
Une architecture spectaculaire à la pointe de la péninsule de Yuzhong
En sortant de la bouche de métro, mon regard est tout de suite attiré par le symbole architectural de la ville depuis 2019 : le Raffles City Chongqing. C’est un ensemble très théâtral de huit gratte-ciel, dont certains sont reliés, à 250 mètres de hauteur, par une immense structure vitrée de 300 mètres de long, le Crystal.

Je reste un bon moment à observer cet ovni architectural qui est la version XL du Marina Bay Sands, construit dix ans plus tôt par le même architecte canadien, Moshe Safdie à Singapour.
Un hôtel au sommet de la ville
Mon hôtel se situe dans l’une des tours : l’Ascott. Après les formalités de réception effectuées avec l’application « Google Traduction », le personnel ne parlant presque pas anglais, un ascenseur me propulse au 41e étage ! En ouvrant la porte de ma chambre, je me précipite vers le mur entièrement vitré donnant sur l’extérieur.

Je reste un long moment hypnotisé par la vue grandiose sur les gratte-ciel de Chongqing. De part et d’autre de la presqu’île, j’aperçois les rivières qui l’encadrent. Afin que vous perceviez vraiment ce que je vois, je me suis aidé d'une IA pour fusionner mes propres clichés. Le résultat est tout à fait probant.
Après un long voyage depuis Harbin via Pékin, j’ai une envie de nager pour me rafraîchir et me détendre avant de partir à la découverte de la ville. Je descends au deuxième étage, où se situe la piscine, mais, déception, elle est fermée à cause d’un problème technique. Un employé, devant ma mine déconfite, me dit de ne pas m’inquiéter et qu’il va m’emmener personnellement à celle de l’hôtel voisin : l’InterContinental. Je suis assez bluffé par ce niveau de service !
Les surprises continuent, car le lobby de l’InterContinental se trouve dans le Crystal, la fameuse passerelle en verre qui relie horizontalement quatre gratte-ciels. Elle est absolument immense et les vues sur Chongqing sont époustouflantes. Plusieurs restaurants et bars permettent d’en profiter sans devoir loger à l’hôtel.


Mon accompagnateur m’amène jusqu’à la piscine, située au 43e étage, juste sous la passerelle. Il me confie à un maître-nageur qui me présente les lieux : des vestiaires spacieux et luxueux, un sauna ou un hammam et, surtout, une piscine à débordement de 25 mètres de long, avec toujours ces vues extraordinaires. Le comble du luxe est que je suis seul dans cette piscine ! Le sentiment de détente est total, mais il me questionne aussi sur les énormes inégalités qui existent en Chine, où de telles installations ne sont accessibles qu’à une petite poignée d’ultra-privilégiés.

Le luxe de Raffles City, entre opulence et inaccessibilité
Je termine ma découverte du Raffles City par la visite du centre commercial ultramoderne et luxueux qui s’étend sur cinq étages sous les gratte-ciels. Deux faits m’interpellent.
Le premier est que j’observe peu d’acheteurs dans les boutiques, avec des vendeuses désœuvrées, alors que les badauds qui déambulent dans les immenses allées sont nombreux. L’opulence, un visage que montrent beaucoup de grandes villes chinoises, n’est peut-être qu’un paravent qui reste inaccessible à la grande majorité de la population.
Le deuxième point qui m’interpelle est la rareté des restaurants étrangers dans ce centre commercial, qui compte pourtant un grand nombre d’établissements. Je ne remarque qu’un Pizza Hut, où des robots ont remplacé les serveurs, un restaurant thaïlandais et un restaurant indien.
Cela ne me surprend pas, car, pendant tout mon périple, j’ai constaté un pays qui est très tourné vers lui-même, avec presque pas d’étrangers et un contrôle important des influences extérieures, tant sur le plan culturel qu’économique.

Le Raffles City a occupé une bonne partie de mon temps, ne serait-ce que pour observer de l’extérieur son architecture très originale. Malgré son gigantisme, Raffles City est paisible, car il est posé sur une immense dalle arborée et exclusivement piétonne. Les tours résidentielles sont entourées de jardins luxuriants, avec à l’entrée des majordomes élégants qui filtrent soigneusement les personnes autorisées à y pénétrer. Le trafic automobile est relégué et caché dans les sous-sols.




Je retourne enfin dans ma chambre d’hôtel pour admirer le coucher de soleil et les illuminations nocturnes, qui sont un véritable spectacle en soi.

Première balade à la découverte de la péninsule de Yuzhong : le cœur historique de Chongqing
Le district de Yuzhong est le cœur historique de Chongqing, même s’il n’en laisse rien paraître, car d’innombrables gratte-ciels ont remplacé la ville ancienne.
Les numéros sur la carte ci-dessous vous permettront de vous situer à la lecture du texte.

De Chaotianmen au pont Qiansimen, le long du Jialing
Je débute ma balade à la pointe de la presqu’île, Chaotianmen (1), là où se rejoignent le Yangtsé et le Jialing, au pied du Raffles City. On y trouve une gigantesque porte fortifiée stylisée qui rappelle qu’à l’époque Ming, c’était la principale porte de la ville fortifiée, par laquelle arrivaient les envoyés de l’empereur depuis Pékin. La version actuelle est plus un clin d’œil symbolique et monumental qu’une reconstitution de la porte d’origine.


Je longe ensuite le quai de la rivière Jialing. J’y vois toute une batterie de bateaux de croisière destinés à descendre le Yangtsé jusqu’à Yichang en quatre jours (2). C’est devenu une attraction touristique majeure, avec en point d’orgue la traversée des Trois Gorges et son fameux barrage.

Je croise un bataillon de balayeurs d’âge mûr, au garde-à-vous presque de façon militaire, en train de recevoir leurs ordres de leur jeune cheffe.
Un peu plus loin, je fais un arrêt technique dans des toilettes publiques. Comme partout dans les grandes villes chinoises, elles sont nombreuses et très propres avec un agent d'entretien sur place. Il est loin, le temps des toilettes communes sans aucune séparation pour protéger son intimité, comme j’ai pu les connaître lors de mon premier voyage en Chine à la fin des années 80 !

Puis je quitte les quais par un long escalier. Ce ne sera pas le dernier que j’emprunterai, car le relief de Chongqing est tel que l’on change souvent de niveau. Interpréter une carte devient plus compliqué, car elle n’indique pas les dénivelés. Cela me jouera quelques tours !
Remonter l’escalier est intéressant, car de chaque côté, je longe des immeubles résidentiels de 20 à 40 étages de haut, avec des vis-à-vis souvent très proches. Les balcons sont souvent utilisés comme une pièce à vivre supplémentaire. Est-ce que cela signifierait que les logements sont exigus ? Je n’ai pas la réponse. Sans être vétustes, les constructions paraissent relativement anciennes et de qualité assez modeste. Un aspect qui m’a frappé en Chine est le décalage entre des installations publiques très modernes, voire luxueuses, et un habitat privé plus médiocre.
Comme pour narguer les piétons qui grimpent parfois avec difficulté, une marche après l’autre, un faux tramway en béton a été construit à mi-hauteur !




Vues à grand spectacle sur le pont Qiansimen
Je me rends ensuite sur le pont suspendu Qiansimen (3). Il est élégant et le parcourir de chaque côté permet d’avoir de belles vues sur la skyline de Yuzhong.

Sur la rive opposée, on voit le Grand Théâtre (4), qui est l’un des grands bâtiments de la ville, avec une architecture tout en angles qui cherche à évoquer des voiliers. Juste à côté se trouve une énorme fosse remplie d’eau. Il semble que ce soit un parking en construction. À cause du relief tourmenté et de la taille des bâtiments, les excavations sont souvent étonnantes.

Sur le pont, je remarque les très nombreuses caméras que l’on voit un peu partout en Chine. Les autorités avancent que, grâce à celles-ci, les villes sont parmi les plus sûres du monde. Ce qu’elles disent moins, à mon avis, est qu’elles permettent aussi une surveillance des libertés individuelles de plus en plus draconienne au fur et à mesure des évolutions technologiques.

Puis, en revenant sur mes pas sur le côté opposé du pont, mon regard est attiré par un complexe de maisons anciennes qui contrastent avec les gratte-ciels situés au-dessus. C’est le site de Hongya Cave (5), qui est un empilement, le long d’une falaise, sur onze niveaux, de maisons traditionnelles du Sichuan construites sur pilotis pour pouvoir s’adapter à des reliefs escarpés : les diaojiaolou. Le seul hic est que le quartier a été construit au début des années 2000 et qu’il abrite des boutiques pour touristes sans aucun intérêt. Je me contenterai de le voir de loin.


La ville en 8D : ascenseurs, passerelles et rues à plusieurs niveaux
La prochaine étape de ma balade que j’ai prévue est d’aller visiter la Kuixing Tower (6). En me référant à Amap, le Google Maps chinois, cela semble être juste un peu plus loin, le long de la rivière Jialing. Mais c’est à ce moment que je vais vraiment comprendre pourquoi on parle de Chongqing comme de la ville en 8D !
La rue que je souhaite prendre débouche sur une falaise et je ne vois aucun moyen de monter au-dessus. Pourtant, Amap me dit que c’est possible ! À force de tâtonner et de demander de l’aide, sans succès, je décide de simplement suivre une famille qui semble très sûre de son chemin.

Elle entre dans un parking pas très attirant et se dirige vers un ascenseur. En sortant au dernier étage, je la vois suivre un couloir, puis une passerelle au-dessus d’une rue et continuer vers un second immeuble pour prendre un autre ascenseur, mais cette fois-ci vers un étage intermédiaire : le 22e.
En sortant de l’ascenseur, je me retrouve non pas à un étage de bureaux ou d’appartements, mais à un étage qui ressemble à un rez-de-chaussée, avec des boutiques et un important passage de piétons. La porte extérieure donne sur une passerelle, plutôt vertigineuse, avec une rue qui se situe 22 étages plus bas et, de l’autre côté, une grande place piétonne.
Le dénivelé considérable de Chongqing explique ce type d’urbanisme assez unique. J’ai tenté de montrer l’effet que j’ai ressenti avec cette petite vidéo.

Jiefangbei, dans le cœur historique de Chongqing
Je traverse la place pour continuer, à la même altitude, vers le cœur commercial de la ville de Chongqing, constitué d’un quartier piétonnier très animé avec de nombreuses boutiques de luxe ou touristiques, hôtels et restaurants.
L'étonnant Chongqing Art Gallery (7), surnommé « l’immeuble baguettes » à cause de ses nombreuses poutres rouges qui s’entrecroisent harmonieusement, attire mon regard.


Un peu plus loin, j’arrive sur une place avec, en son centre, le Monument commémoratif de la Libération du peuple (8), qui a donné son nom au quartier (Jiefangbei). À sa création en 1945, il était destiné à commémorer la victoire de la résistance chinoise face à l’envahisseur japonais. En 1949, au moment de la prise de la ville par les forces communistes, il fut rebaptisé en l’honneur de la libération des peuples. Le monument, qui s’est voulu imposant à son origine, est maintenant écrasé par les buildings couverts d’immenses panneaux publicitaires animés qui entourent la place.
Les rues sont animées et chacun cherche à rivaliser d’élégance, avec une grande passion des Chinois : se prendre en selfie !



À seulement deux blocs de la place, je me retrouve à Chongqing Haochi Street (9), qui porte bien son nom de « la rue où l’on mange bien ». J’y retrouve, dans une ambiance très populaire, plein de petits restaurants de rue. La cuisine de Chongqing est réputée pour être très épicée et parfumée. D'ailleurs, il vaut mieux s'assurer que le plat choisi n'est pas trop "hot" avant la commande ! La spécialité locale est la fondue à base de viande.
J’en profite pour déguster un délicieux plat de nouilles typique de Chongqing, accompagné d’une sauce à base de crabe.

Shancheng Lane : le Chongqing d'autrefois
Après cet arrêt, je continue vers deux lieux, Shibati et Shancheng Lane, présentés comme les quartiers historiques de Chongqing.
En arrivant par le haut, Shibati (10), avec ses maisons traditionnelles en tuiles grises, donne l’illusion de la ville telle qu’elle était il y a un ou deux siècles. En réalité, c’est une reconstruction récente où tout fait un peu trop neuf et faux. Comme à Hongya Cave je ne m’y attarde pas trop.
Un peu plus loin, Shancheng Lane (11) est beaucoup plus intéressante. Littéralement, cela veut dire « la ruelle de la ville-montagne ». À l’époque Ming, c’était un quartier résidentiel de la haute société, puis, vers la fin du XIXe siècle, il est devenu le siège de comptoirs étrangers avant de devenir un quartier populaire plus délabré. Depuis 2016, il a été entièrement rénové, mais en conservant une grande partie du bâti et de la structure des rues d’autrefois.
Je suis une ruelle étroite qui serpente à flanc de falaise, avec des vues sur les tours et les ponts d’aujourd’hui sur la rive opposée du Yangtsé. Autrefois, j’aurais longé la muraille qui ceinturait la ville. Un contraste d’époque ! Tout en haut, j’arrive à un ancien monastère chrétien français avec son église.
J’ai bien aimé le lieu, mais je n’étais pas tout seul, loin de là ! Il a fallu me frayer un chemin à travers la foule des touristes chinois, ce qui n’était pas toujours plaisant. De plus, malgré une architecture remarquablement préservée, le lieu est devenu assez artificiel : les habitants ont disparu et les boutiques sont exclusivement destinées aux touristes.
C’est ici que se termine ma première balade dans le cœur de Chongqing.






Deuxième balade : découverte du métro et d’un Chongqing du quotidien
Ma deuxième balade commence à Eling Park. Je m’y rends depuis mon hôtel situé au Raffles City par le métro de la ligne 1.
Le métro de Chongqing, une prouesse technique adaptée au relief
Prendre le métro à Chongqing est un incontournable. Avec 12 lignes et 500 km, c’est l’un des dix plus grands réseaux mondiaux. Le plus incroyable est qu’il était encore inexistant il y a seulement 25 ans !

Construire un métro dans une ville au relief aussi tourmenté, traversée par de larges rivières, a représenté un défi colossal. C’est pourquoi deux lignes, la 2 et la 3, sont des monorails qui permettent d’utiliser des pentes plus raides et des virages serrés.
À certains endroits, le métro est tellement profond qu’il faut emprunter toute une batterie d’escalators pour arriver aux quais. La plus profonde est la station de Hongyancun, à 116 mètres sous terre, soit l’équivalent d’un immeuble de 40 étages. Il faut emprunter huit escaliers mécaniques de suite !
Le métro est bien sûr ultramoderne. Comme partout dans le pays, à l’entrée, il faut passer son sac ou ses bagages à un contrôle par rayon X. La mesure semble plus symbolique que vraiment sécuritaire, car le flux est tellement rapide que les agents n’ont pas le temps de vraiment regarder leur écran.
La signalétique du métro, en chinois et en anglais, est bien conçue. À chaque porte, des marquages au sol indiquent clairement où se placer pour laisser descendre les voyageurs avant de monter. Des écrans numériques complets indiquent le temps d’attente et aussi où se placer sur le quai en fonction de l’affluence. Enfin, comble de l’attention au client, un panneau indique la partie de la rame qui est plus réfrigérée que l’autre !
Les numéros sur la carte ci-dessous vous permettront de vous situer à la lecture du texte.

Eling Park et Liziba : deux points de vue sur la ville verticale
Je descends vingt minutes plus tard à la station près d’Eling Park (1). Si je m’y rends, c’est notamment pour sa situation sur une crête étroite et élevée. C’est aussi l’un des plus anciens et des plus jolis parcs de la ville. En effet, une balade sur une passerelle longue de 450 mètres, en aplomb de la falaise, permet d’avoir des vues intéressantes sur le développement des tours de Chongqing, qui s’étendent à perte de vue du côté nord de la rivière Jialing.



Cependant, il vaut mieux éviter d’y aller le week-end, car elle attire beaucoup de monde. Heureusement pour moi, seul un grand groupe de retraités se trouvait devant moi, et j’ai pu le dépasser rapidement. J’ai particulièrement aimé la sensation d’être sur un à-pic. En contrebas, j’aperçois le fameux métro qui pénètre dans un immeuble, devenu l’un des symboles les plus emblématiques de Chongqing.
Je rejoins par une marche d’une petite demi-heure en descente, la station de métro en question, qui s’appelle Liziba (2). Au pied de l’immeuble, plusieurs cars sont arrêtés pour déverser des dizaines de groupes qui viennent faire leur selfie au milieu des vendeurs de souvenirs. Je suis presque plus fasciné par la folle agitation des touristes, presque tous chinois, que par le métro lui-même ! Ceci étant dit, voir rentrer un monorail dans un immeuble reste quelque chose de tout à fait unique que je suis heureux d’avoir vu.
Je décide justement de reprendre le métro pour me rendre à ma prochaine étape : la visite du musée des Trois-Gorges (3). Le parcours, en plein air, à flanc de colline, est superbe. Je me suis positionné à l’avant de la rame, juste derrière le conducteur, qui est très concentré sur sa tâche, avec des gestes bien codifiés.



Le musée des Trois-Gorges, pour comprendre l’histoire de Chongqing
Comme beaucoup de musées en Chine, celui des Trois-Gorges est gratuit. Il faut cependant avoir absolument son passeport avec soi. L’État chinois peut ainsi garder une trace de nos visites ! Ce musée a été créé au début des années 2000 pour préserver le patrimoine archéologique et culturel des Trois-Gorges qui ont été submergées à la suite de la construction du barrage. L’architecture du bâtiment ressemble d’ailleurs, de façon symbolique, à un barrage. Je trouve que c’est plutôt réussi.

À l’intérieur, je m’intéresse surtout aux expositions sur les origines de Chongqing et sur la période de la Seconde Guerre mondiale, durant laquelle la ville a payé un lourd tribut aux bombardements intensifs de l’armée japonaise.
Le visage de la ville-montagne dans les années 1930 et 1940 est méconnaissable aujourd’hui.
Mon regard est aussi attiré par une belle statue de Guan Yu, un célèbre général chinois du IIIᵉ siècle devenu une divinité vénérée dans le taoïsme et le bouddhisme populaires.




Le musée met notamment en avant l’accord du « Double Dix », signé en 1945 entre les représentants du gouvernement nationaliste de Chiang Kai-shek et ceux du Parti communiste chinois dirigé par Mao Zedong. Cet accord visait à préserver la paix et à éviter la reprise de la guerre civile après les ravages de la Seconde Guerre mondiale. La rupture de cet accord peu après a relancé la guerre civile jusqu’en 1949.
Quelques années plus tard, les communistes prendront le pouvoir en Chine continentale, tandis que Chiang Kai-shek se réfugiera à Taïwan, où il continuera à diriger la République de Chine. Quatre-vingts ans plus tard, les tensions entre Pékin et Taipei montrent que cette histoire est loin d’être terminée.
Inutile de préciser que la présentation du musée adopte un point de vue conforme à la ligne officielle du Parti communiste chinois qui se donne le beau rôle.
Après ma visite du musée, je sors sur l’immense esplanade, avec en face l’imposant Palais de l’Assemblée du peuple de Chongqing (4). Il a été construit dans les années 50 avec un style rappelant les périodes Ming et Qing, comme les autorités l’affectionnaient à l’époque.

Autour de Lianglukou : immersion dans la vie quotidienne des habitants
Je termine ma balade par une visite du quartier jusqu’à la station de métro de Lianglukou (5). En soi, il n’a rien de spectaculaire, mais il me permet de voir la vie quotidienne des Chongqingais. Les échoppes et les restaurants de rue sont très nombreux et débordent largement sur les trottoirs. Peut-être à cause de son climat subtropical, Chongqing est une ville où l’on vit beaucoup dehors. Bien sûr, je vois partout des escaliers toujours vertigineux. De ce fait, je ne vois que très peu de vélos, qui ne sont pas du tout adaptés à un tel relief !
Je passe devant une agence immobilière dont j’essaie de décrypter les annonces. Ce qui frappe, c’est que, malgré beaucoup d’offres de petits logements, la surface moyenne est plutôt élevée : 70 à 80 m². Les prix au m² sont très variables, ce qui reflète certainement la très grande diversité de la qualité des immeubles et aussi leur localisation. La mention d’un étage élevé ou bas est une information importante, vu la hauteur des bâtiments. En effectuant quelques recherches sur Internet, il me semble que, rapportés au pouvoir d’achat local, les prix sont comparables à ceux qu’un Toulousain ou un Marseillais devrait payer dans sa propre ville. C’est un point qui mériterait cependant d’être vérifié plus rigoureusement.




Troisième balade : le long du Yangtsé et du Jialing
Ma dernière balade met en valeur le Yangtsé, sans lequel Chongqing ne serait pas vraiment Chongqing !
Les numéros sur la carte ci-dessous vous permettront de vous situer à la lecture du texte.

Le quartier des grossistes face au luxueux Raffles City
En quittant mon hôtel au Raffles City (1), je passe par le quartier adjacent de Chaotianmen, aux alentours de la rue Chaodong (2). Le contraste avec l’architecture futuriste du Raffles City est saisissant. Je me retrouve dans un quartier populaire avec beaucoup de boutiques de gros : textiles ou autres produits manufacturés. J’aime vraiment cette vie grouillante et pleine d’énergie que l’on retrouve un peu partout dans Chongqing.
Je m’arrête dans un marché couvert où sont regroupés des vendeurs de poissons d’aquarium (3). On me laisse déambuler entre les différents bassins sans que personne ne semble s’intéresser à ma présence.

Baixiangju : un Chongqing populaire et labyrinthique
Je continue vers un ensemble d’immeubles unique : Baixiangju (4). Construit dans les années 1990 pour accueillir des logements sociaux, l’ensemble comprend six bâtiments de 24 étages sans ascenseur. En raison du relief, certaines entrées donnent sur des rues situées à différents niveaux : au rez-de-chaussée, au 10e ou au 15e étage. L’ensemble des escaliers, couloirs et passerelles donne l’impression d’un gigantesque labyrinthe.
L’architecture brute et, en toile de fond, l’environnement urbain font que le lieu est extrêmement photogénique. Il a notamment servi de décor à plusieurs films cultes chinois. Je passe un bon moment à simplement déambuler. Le revers de la médaille c'est que le lieu est largement connu des touristes chinois, qui viennent par grappes dans le seul but de se faire photographier ou de prendre des selfies.






Le téléphérique du Yangtsé, une traversée vertigineuse
Puis je me dirige vers le téléphérique du Yangtsé (5). Avec le métro de Liziba, c’est la deuxième image que l’on voit le plus souvent pour symboliser Chongqing. Heureusement pour moi, je suis en semaine, hors vacances scolaires. Mon temps d’attente est court, mais on m’a dit que parfois, il pouvait être très, très long, avec des files de visiteurs impressionnantes.
Le téléphérique a été construit en 1987 et la municipalité l’a désormais classé comme monument culturel protégé. Autrefois utilisé comme bus aérien pour un usage quotidien, il est maintenant avant tout une attraction touristique. La traversée dure environ cinq minutes et, à l’arrivée, le point de vue sur la péninsule de Yuzhong est excellent (6).

Nanbin Road : balade le long du Yangtsé
Juste à côté se trouve un autre quartier historique reconstitué : Longmenhao Old Street (7). C’était plutôt le quartier des étrangers, avec les compagnies maritimes et les missions diplomatiques. Comme pour les autres lieux anciens, la restauration est, à mon goût, un peu trop artificielle. L’absence d’habitants lui retire beaucoup de son charme.
Je préfère me diriger vers les rives piétonnes du Yangtsé : Nanbin Road (8). Un peu plus loin sur ma gauche, je vois un immeuble extravagant qui semble entièrement plaqué en or ! Il est un peu trop loin pour que je puisse aller le visiter. C’est un Sheraton avec, paraît-il, un intérieur néo-baroque pseudo-européen surchargé en marbre, stucs dorés et lustres gigantesques. Il est intéressant de voir comment l’architecture chinoise a évolué en moins de vingt ans, passant d’un style kitsch, clinquant et ostentatoire à un style plus épuré et élégant, mais toujours imposant.
Je continue ensuite vers l’ouest pour profiter des vues sur la péninsule de Yuzhong. Le trafic sur le fleuve m’impressionne par sa diversité : péniches de marchandises lourdement chargées, bateaux de croisière et même un kayak qui paraît bien frêle !
Je passe à côté d’une chanteuse en plein tournage de ses vidéos qui devraient vite se retrouver sur WeChat, le réseau social préféré des jeunes Chinois.




Chongqing Bay : la ville de demain
Sur le chemin, je rentre, un peu par hasard, dans un vieil immeuble qui semble promis à une prochaine démolition ou rénovation. À l’intérieur, je suis accueilli par une dizaine d’hôtesses qui, après m’avoir offert le thé, me montrent une maquette avec le projet de construction d’un nouveau quartier : le futur Chongqing Bay (9). À terme, cela représentera plus d’un million de mètres carrés de constructions !
L’ambition est de mêler des tours résidentielles très haut de gamme, des jardins, des hôtels et des rues commerçantes, autour de quelques bâtiments anciens rénovés. Le projet est relativement ancien et a été longtemps bloqué pour de sombres histoires de dettes et de contentieux. Mais il semble reparti sur de bonnes bases. Il contribuera à renforcer le dynamisme de cette rive, aujourd’hui encore en retrait.
Je reprends ensuite ma balade vers la tour de l’horloge de Ciyun (10). Elle semble dater de l’époque des comptoirs européens et avoir été construite par les Anglais. Mais pas du tout ! Elle a été édifiée en 2011 pour commémorer l’histoire de Chongqing et son ouverture au commerce international.


Planning exhibition hall : mieux comprendre le développement de la ville
Je rejoins enfin le Chongqing Planning Exhibition Hall (11). Sa visite semble oubliée des touristes, car je suis quasiment le seul visiteur. Selon son architecte, Cui Kai, la silhouette extérieure s’inspire de l’idéogramme 起 (qǐ), qui évoque le commencement. L’architecte souhaitait ainsi montrer que la ville-montagne est une métropole en pleine transformation.
L’intérieur est passionnant pour bien comprendre le développement de Chongqing, comme je l’ai brièvement évoqué dans la première partie de cet article. Comme toutes les explications sont en chinois, je passe beaucoup de temps à tout traduire avec Google Traduction. Bien sûr, je reste conscient que le discours est conforme à ce que souhaite exprimer le pouvoir central, qui n’évoque que les réussites et passe sous silence les échecs ou les effets non désirés sur l’environnement.
Les maquettes sont particulièrement instructives, tout comme les nombreux plans présentés. Une carte m’interpelle particulièrement : elle montre le rôle clé que doit jouer Chongqing dans le développement des routes de la soie vers le reste de l’Asie, l’Afrique et l’Europe. De nombreuses illustrations évoquent les accords passés par Chongqing avec le reste du monde.




Ma balade se termine par une mini-croisière sur une navette fluviale qui me ramène vers la péninsule de Yuzhong. Je débarque à côté de Hongya Cave que je vois sous un angle original (12).




Chongqing la nuit : une explosion de lumière
Chaque soir, je rentre à mon hôtel bien fatigué de mes balades, notamment à cause des dénivelés importants et de l’agitation incessante de cette ville très dense. Mais je m’oblige à ressortir une fois la nuit tombée, car Chongqing la nuit donne l’impression d’être dans un film de science-fiction.
Les animations vidéo transforment les gratte-ciels en écrans géants. Hongya Cave, de nuit, est le spot que tout le monde veut photographier depuis le pont Qiansimen. Les publicités animées sont encore plus visibles. La foule se presse pour prendre encore des photos ou simplement dîner dans les nombreux restaurants de rue.
Pendant mon séjour, en mars, un spectacle de drones était organisé chaque samedi à la pointe de Chaotianmen avec, semble-t-il, des tableaux remarquables. Mais comme cela ne correspondait pas aux jours de ma visite, je n’ai pu y assister.






Chongqing : la ville des superlatifs
Le dernier jour, je repars de Chongqing par la gare de l’Ouest, mais cette fois-çi en direction de Guangzhou. Là aussi, les autorités ont prévu large, puisque seule une partie du hall a été mise en service.
Le développement de la ville est loin d’être achevé. Cela me donne envie d’un nouveau rendez-vous dans cinq ou dix ans pour voir à quel point elle aura encore changé.
La visite de Chongqing m’a fasciné. Sa croissance, dans un contexte certes très différent, est aussi folle que celle d’une autre métropole en pleine transformation : Dubaï. Je raconte cette autre découverte dans mon article : « Dubaï : une métropole fascinante du XXIe siècle ».
J’ai surtout apprécié de découvrir la ville dans son quotidien, loin des lieux historiques artificiellement rénovés. La Chine promeut trop, à mon goût, une forme de tourisme qui s’apparente à une « disneylandisation » des lieux, transformés en décors destinés à divertir les touristes.
Venant d’Europe, je me suis senti comme un voyageur d’un autre temps débarquant sur une planète surpeuplée, hautement technologique, mais aussi archaïque. J’avais vraiment le sentiment d’être un étranger, confronté à une barrière linguistique difficile à franchir.
Contrairement à Pékin ou Shanghai, l’anglais m’a semblé très peu parlé à la ville-montagne, même dans des hôtels de classe internationale. Les restaurants d’origine étrangère sont quasi inexistants et la nourriture locale est très éloignée de mes propres habitudes européennes.
Dans un monde de plus en plus globalisé et standardisé, cet inconfort du voyage, qui en fait aussi le sel, devient de plus en plus rare. Finalement, c’est peut-être ce qui a fait que j’ai adoré visiter cette ville et que j’ai encore plus apprécié de retourner ensuite chez moi, à Paris, dans un environnement qui me correspond mieux !

Conseils pratiques pour votre voyage à Chongqing
Comment venir à Chongqing ?
En train, bien sûr ! Des trains à grande vitesse relient Chongqing à de nombreuses grandes villes du pays. J’ai rédigé un dossier très complet sur les trains chinois que je vous invite à consulter pour les découvrir et apprendre à les utiliser.
Chongqing dispose également d’un aéroport international proposant des vols directs vers l’Europe et Seattle, aux États-Unis, opérés par Hainan Airlines.
Enfin, une dernière possibilité consiste à arriver ou à repartir à bord de l’un des nombreux bateaux de croisière qui naviguent sur le Yangtsé jusqu’à Yichang, en traversant les Trois Gorges. Pour en savoir plus, consultez Yangtze-River-Cruises.com.
N’ayant pas effectué cette croisière, je préfère toutefois m’abstenir de vous la recommander sur la base d’une expérience personnelle.
Quand visiter Chongqing ?
Chongqing bénéficie d’un climat subtropical humide. Les hivers sont relativement doux, mais gris, humides et marqués par des nuages bas, et souvent par du brouillard.
Les étés sont particulièrement éprouvants, avec des températures qui dépassent régulièrement 30 °C et peuvent atteindre 35 à 40 °C, voire davantage lors des épisodes de canicule. L’humidité renforce la sensation de chaleur. Ce n’est pas pour rien que Chongqing figure parmi les villes surnommées les « fournaises » de la Chine.
Le printemps et l’automne sont donc les saisons à privilégier pour découvrir Chongqing à pied. Mars et avril, puis octobre et novembre, sont généralement de bons choix, même si le ciel reste parfois couvert et que la pluie ou le brouillard peuvent compliquer l’observation des paysages.
Où se loger à Chongqing ?
À Chongqing, vous aurez accès à une offre d’hébergement très large, du plus simple au plus luxueux. Je vous conseille cependant de privilégier la péninsule de Yuzhong, à proximité de Jiefangbei, pour faciliter vos déplacements.
Réserver une chambre d’hôtel sur des sites comme Booking.com ou Trip.com est aussi simple qu'ailleurs dans le monde. Dans les hôtels internationaux, vous pourrez généralement payer directement par carte bancaire.
Si votre budget vous le permet, je vous conseille vivement de loger au sein du complexe Raffles City, en demandant impérativement une chambre avec vue. Vous pourrez notamment choisir entre :
Comment payer en Chine ?
Alipay est un incontournable pour régler la plupart de vos dépenses, des achats courants aux restaurants, sans avoir besoin de payer en espèces.
Je vous explique le mode d'emploi dans cet article : Mes conseils pratiques pour aller en Chine et voyager facilement en train
Combien de jours prévoir à Chongqing ?
J’ai consacré quatre jours à visiter Chongqing à mon rythme.
L’idéal, selon mon expérience, est de prévoir trois jours, à raison d’une journée pour chacune des trois balades proposées.
Ensuite, selon votre curiosité, vous pouvez envisager d’y rester plus longtemps. En quatre jours, je n’ai pas tout vu, loin de là ! Mais cela n’a de sens que si vous souhaitez approfondir votre découverte de la vie des Chongqingais en vous éloignant des principaux sites touristiques.
Se repérer à Chongqing
Amap (Gaode Maps) est un précieux allié pour vous repérer dans le dédale urbain de Chongqing. Il permet de calculer des itinéraires à pied et d’utiliser les transports en commun, avec une cartographie bien plus adaptée à la Chine que Google Maps.
Un petit bémol, cependant : Amap ne vous indiquera pas toujours clairement les escaliers et les ascenseurs de cette ville verticale. N’hésitez pas à demander votre chemin à un habitant si vous êtes perdu !
Vous pouvez télécharger Amap depuis l’App Store d’Apple ou le Google Play Store.
Faut-il passer par une agence ?
Sur Internet et sur les réseaux sociaux, vous trouverez une multitude d’agences de voyage locales qui vous proposeront d’organiser votre visite de Chongqing.
L’avantage, c’est que vous n’aurez à vous soucier de rien sur le plan logistique.
L’inconvénient, c’est que l’agence vous fera principalement visiter les hauts lieux touristiques, qui sont spectaculaires, mais souvent un peu artificiels.
Si votre objectif est de découvrir le vrai Chongqing, vous risquez d’être déçu. De mon point de vue, voyager en indépendant signifie parfois se perdre dans les rues ou « rater » une attraction. Mais ce n’est pas grave, car cela fait aussi partie du plaisir du voyage !
Obtenir des informations sur le web
En préparant votre voyage à Chongqing, vous trouverez de nombreux blogs et sites touristiques. Mais d’un site à l’autre, les mêmes lieux incontournables reviennent souvent, sans que l’on trouve toujours beaucoup d’informations complémentaires pour comprendre la ville et organiser ses visites.
Les sites de guides locaux peuvent également être intéressants, à condition de distinguer les conseils pratiques des offres commerciales de visites guidées ou de circuits organisés.
Parmi les ressources que j’ai repérées, Notes from China mérite le détour. Vous y trouverez des informations complémentaires pour préparer votre séjour et découvrir Chongqing au-delà des attractions les plus connues. Je vous conseille de lire l'excellent article sur la cuisine chongqingaise
祝你旅途愉快!
Bon voyage !



0 commentaire