Paris-Turin-Nice en train (2/2) : Le Train des Merveilles vers la Côte d'Azur

Aller en train de Paris à Nice autrement.
Cet article est le deuxième et dernier volet de mon itinéraire ferroviaire de 5 jours entre Paris et Nice via Turin et la vallée de la Roya. Si vous avez manqué la première partie consacrée à la traversée des Alpes en TGV jusqu’en Italie, vous pouvez la retrouver dans l’article « De Paris à Nice en train (1/2) : Le TGV vers Turin à travers les Alpes ».
Après ma traversée alpine et un arrêt d’une journée à Turin fort intéressante, il est temps d’entamer la partie la plus palpitante de ce périple : rejoindre la Côte d’Azur en empruntant l’une des lignes ferroviaires les plus spectaculaires d’Europe.
Quittant la capitale piémontaise au matin, mon itinéraire me mène d’abord à Cuneo, au pied des Alpes italiennes, avant de m’enfoncer dans la vallée de la Roya jusqu’au village de Tende. C’est ici, après deux jours d’exploration au milieu de ces paysages escarpés, que je monte à bord du mythique Train des Merveilles pour plonger vers la Méditerranée et achever ce voyage à Nice.
Dans cette seconde partie, je vous emmène au fil des viaducs et des tunnels de cette ligne d’exception, avant de vous livrer tous mes conseils pratiques pour organiser votre propre traversée.

Tous les textes en couleur corail indiquent un lien interne ou externe que je vous invite à cliquer.
De Turin à Tende via Cuneo
Je suis au troisième jour de mon périple et c'est au petit matin que je me rends à la gare de Porta Nuova qui a conservé son élégante façade d'origine de la fin du XIX siècle.

J’emprunte un train régional qui m’emmène jusqu’à Cuneo. Nous traversons l’immense plaine du Pô, avec ses vastes champs agricoles.


Cuneo est une petite ville réputée pour son impressionnant réseau d’arcades. Mais il faut faire des choix. Je décide donc de ne pas la visiter et de prendre directement ma correspondance sur le quai pour rejoindre Tende à bord du train régional Trenitalia Cuneo — Vintimille.
À bord du Train des Merveilles (version italienne)
À proprement parler, seul le TER de la SNCF porte officiellement le nom de Train des Merveilles. Par commodité, j'utiliserai néanmoins cette appellation pour l'ensemble des trains empruntant la ligne.
Après Cuneo, la ligne n’est plus électrifiée. C’est donc un autorail Minuetto fonctionnant au diesel qui nous emmène vers les Alpes. Le train a plus de vingt ans et cela se voit. Il serait sans doute temps que la région du Piémont renouvelle la flotte.
À mon grand étonnement, ce train est, lui aussi, bien rempli. Je pensais pourtant que les voyageurs seraient peu nombreux, puisque nous nous dirigeons vers de petits villages de montagne. En réalité, l’explication est simple : pour relier Turin à Vintimille, ces deux trains régionaux constituent l’itinéraire à la fois le plus rapide et le plus économique. Et, comme je vais rapidement le découvrir, la ligne qui traverse les Alpes est l’une des plus spectaculaires d’Europe.

La ligne Cuneo — Vintimille présente cependant une particularité assez étonnante : bien que le train parte d’Italie et y revienne, la plus grande partie de son parcours se déroule… en France. Une curiosité héritée de la géographie des vallées alpines et de l’histoire mouvementée de cette région frontalière.
Très vite, nous gagnons les Préalpes avant une succession de tunnels, de viaducs et de voies accrochées à flanc de montagne.

Entre Cuneo et Vintimille, la ligne ferroviaire parcourt près de 100 kilomètres à travers les Alpes. En poursuivant jusqu’à Nice, ce sont environ 120 kilomètres de paysages grandioses, parcourus à une vitesse moyenne d’à peine 40 km/h. Voilà ce que j’appelle du véritable slow travel ! Mais difficile de s’en plaindre : cette allure paisible laisse tout le loisir d’admirer le paysage.
À chaque virage, la montagne semble se rapprocher un peu plus. Les villages apparaissent accrochés aux pentes, tandis que les ouvrages d’art se succèdent. Je comprends rapidement pourquoi cette ligne est considérée comme l’une des plus belles d’Europe.
Je descends à Tende, un petit village perché au cœur des Alpes-Maritimes françaises. La ligne est à voie unique. Les croisements de trains ont donc lieu dans les gares disposant de deux voies.

Les villages de la Roya
Perché à 823 mètres d’altitude, Tende offre une température nettement plus agréable que celle de Turin en cette chaude journée de juillet. J’ai choisi d’y passer deux nuits afin de prendre le temps de découvrir quelques-uns des villages les plus emblématiques desservis par le Train des Merveilles.
Tende : le bourg principal de la vallée de la Roya
Tende est situé à un endroit stratégique sur la route du sel reliant le Piémont à la Méditerranée. Les comtes de Tende se sont aux XVIe siècle enrichis grâce aux droits de passage prélevés sur les marchandises et les voyageurs.

En sortant de la gare, je suis un peu déçu. La route nationale donne l’impression de traverser le village en son milieu. Heureusement, il suffit de s’en écarter de quelques mètres pour pénétrer dans un dédale de ruelles médiévales qui grimpent jusqu’au cimetière, situé au pied d’un château féodal dont il ne subsiste aujourd’hui qu’un fragment de tour.
Un peu plus loin, je découvre la très originale façade de la collégiale, datant du XVe siècle, puis la place du Traou, avec sa fontaine et son cadran solaire.
Je termine ma visite par le cimetière, situé en haut du village. Je trouve que c’est un joli symbole de voir les morts à la fois les plus proches du ciel et qui semblent protéger les vivants en contrebas !





Je loge chez une habitante, Mandy, qui met à la disposition des visiteurs une chambre simple, mais paisible. Elle loue également des VTT électriques, un excellent moyen de partir à la découverte des villages voisins de La Brigue et de Saorge. C’est d’ailleurs l’option que j’ai choisie pour le lendemain.
À Tende, je visite le musée des Merveilles. Il présente de manière très pédagogique l’origine des gravures rupestres découvertes dans le parc national du Mercantour. Ce que j’apprécie le plus, ce sont les reconstitutions et les explications qui permettent de mieux comprendre le mode de vie de nos ancêtres et son évolution au fil des millénaires. Une visite à ne manquer sous aucun prétexte.

Pendant mon séjour se tient le festival des Passeurs d’Humanité. Il a été créé à la suite de la tempête Alex, qui, en 2020, a ravagé la vallée de la Roya. Des pluies diluviennes ont emporté routes et ponts, détruit de nombreux bâtiments et profondément bouleversé la vie des habitants. Cette catastrophe compte parmi les plus marquantes qu’ait connues la France ces dernières décennies.
Le festival met à l’honneur les valeurs de solidarité, de partage et de dialogue à travers des concerts, des débats et de nombreux moments de convivialité. On est bien loin du blingbling de la Côte d’Azur. J’ai beaucoup apprécié cette ambiance simple et chaleureuse, un peu baba cool.

J’ai trouvé que Tende était le village le plus animé de la vallée. On y trouve plusieurs restaurants, une boulangerie et quelques commerces. L’office de tourisme y dispose également d’une antenne où un personnel compétent fournit de nombreuses brochures et de précieux conseils pour découvrir la région.
La Brigue : un village à l’atmosphère franco-italienne
C’est en VTT électrique que j’ai rejoint la Brigue.
La Brigue est située à une quinzaine de kilomètres de Tende. Ces deux villages ont la particularité de n’être devenus français qu’en 1947, à la suite du traité de Paris. Leur histoire se lit encore dans l’architecture, les traditions et jusque dans les patronymes de leurs habitants. Par moments, on ne sait plus vraiment si l’on se trouve en France ou en Italie. C’est une belle illustration du caractère parfois très relatif des frontières.
La Brigue est un village particulièrement paisible, à l’écart de la route principale. Je l’ai visité à l’heure de la sieste et les seuls habitants venus à ma rencontre furent… quelques chats paresseusement installés à l’ombre des ruelles.
Le village possède un riche patrimoine religieux, dont plusieurs chapelles et églises remarquables et notamment la chapelle Notre-Dame-des-Fontaines, surnommée la « chapelle Sixtine des Alpes » pour l’extraordinaire qualité de ses fresques du XVe siècle. Malheureusement elle se situe à 4 km du village et le temps m’a manqué pour m’y rendre, car je souhaitais absolument visiter Saorge. Sachez cependant que du village à la chapelle, vous pouvez vous y rendre soit à pied par un joli sentier, soit à vélo.




Saorge : un village tibétain accroché à la montagne
Saorge est mon coup de cœur de la vallée. Depuis la Brigue, il est possible d’emprunter un sentier à flanc de montagne qui est accessible en VTT. Mais comme j’étais seul, j’ai préféré être prudent et aller à Saorge par la route. En effet, une crevaison ou une chute aurait pu compromettre mon escapade, car on m’avait prévenu qu’il était relativement peu fréquenté.
Sur la route, je passe à côté d’une usine hydroélectrique qui date de 1914. Captée à 530 m d’altitude, l’eau s’engage dans une conduite forcée de plus de 3 km de long qui actionne deux turbines électriques.
Le village de Saorge est accroché au flanc d’une montagne dominant une vallée particulièrement encaissée. Pour l’atteindre, après être passé près de la gare de Fontan-Saorge, je traverse un tunnel qui lui donne un petit air de village secret.

Une fois à l’intérieur, les ruelles voûtées, les passages couverts et les escaliers, interdits aux voitures, invitent à la flânerie. Autrefois, Saorge occupait une position stratégique qui permettait de contrôler les passages dans la vallée de la Roya : un véritable verrou incontournable.
Et, fait remarquable, le village n’a pas été dénaturé par le tourisme. Ici, pas de succession de galeries d’art, de boutiques de mode ou de magasins de souvenirs, comme à Saint-Paul-de-Vence. Saorge est authentique et son architecture médiévale est demeurée presque intacte.
J’arrive justement pendant la Fête de la Tourte. Ce jour-là, les habitants se retrouvent autour du four communal où cuisent les traditionnelles tourtes saorgiennes aux légumes. C’est avant tout une fête des villageois, mais les visiteurs sont accueillis avec beaucoup de simplicité et de gentillesse.








Saorge possède également un magnifique monastère, perché au-dessus du village. Il offre de superbes vues sur les gorges en contrebas. Aujourd’hui transformé en centre culturel, il a conservé une atmosphère si paisible que l’on s’attend presque à voir surgir les moines franciscains revenant de leur jardin pour diner au réfectoire resté intact.


Saorge mérite pleinement son surnom de « village tibétain des Alpes ». J’y reviendrai certainement, d’autant que la gare du Train des Merveilles se situe à moins de deux kilomètres.

Après ces découvertes de la Brigue et Saorge dans la même journée, je suis retourné à Tende par la route. C’est là où j’ai vraiment apprécié d’avoir un VTT électrique pour m’attaquer aux 400 mètres de dénivelé entre Fontan et Tende ! Au fond de la vallée, je vois la Roya, une rivière tumultueuse de montagne qui me nargue, car je transpire bien. En effet, je me serais bien volontiers arrêté pour me plonger dans son eau qui, de loin, semble fraiche !
Une vallée où l’on prend le temps de voyager
Ma découverte de la vallée de la Roya n’a été qu’une mise en bouche. J’y serais volontiers resté plusieurs jours de plus.
D’abord pour découvrir d’autres villages, comme Breil-sur-Roya ou Sospel, situés plus en aval, qui illustrent parfaitement la transition entre les paysages alpins et méditerranéens.
Ensuite, pour partir randonner dans les montagnes environnantes, notamment dans le superbe parc national du Mercantour, dont les sentiers semblent offrir d’innombrables possibilités de découverte.
La vallée de la Roya est l’exact opposé de l’image que beaucoup se font de la Côte d’Azur. Ici, pas de stations balnéaires ni de foule estivale, mais une montagne préservée, des villages authentiques et un rythme de vie qui invite à ralentir. C’est sans doute ce qui fait tout son charme. Pourtant nous ne sommes qu’à deux heures en train de Nice !
Le silence des villages m’a frappé, juste perturbé par le passage au loin du train des merveilles et par le son des cloches des églises. L'ambiance est la détente.

Le train des Merveilles
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le Train des Merveilles ne porte pas ce nom parce que le voyage serait « merveilleux », mais parce qu’il dessert la vallée des Merveilles, un site archéologique exceptionnel situé au cœur du parc national du Mercantour, au pied du mont Bégo. Ce site, célèbre pour ses dizaines de milliers de gravures rupestres datant de l’âge du Bronze, se trouve à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de Tende.
Une ligne ferroviaire à l’histoire mouvementée
La ligne Cuneo — Nice est l’une des trois seules lignes ferroviaires reliant la France à l’Italie. Les deux autres passant par Modane et Vintimille.
Les travaux sont lancés à l’initiative de l’Italie, dès la fin du XIXe siècle, avec notamment la construction du tunnel ferroviaire du col de Tende, long de 8 kilomètres. Mais les tensions politiques, les préoccupations stratégiques des autorités militaires françaises et les difficultés techniques retardent considérablement le chantier. Il faut finalement attendre 1928 pour voir entrer en service la ligne entre Cuneo et Breil-sur-Roya, prolongée ensuite vers Vintimille d’un côté et Nice de l’autre.

Cette vocation militaire se retrouve encore aujourd’hui dans certains tunnels, percés de meurtrières destinées à permettre aux soldats de tirer sur d’éventuels trains ennemis. Un détail étonnant qui rappelle combien cette vallée fut longtemps considérée comme un axe stratégique.
En raison de cette importance militaire, la ligne est gravement endommagée pendant la Seconde Guerre mondiale. Ponts détruits, tunnels dynamités et viaducs effondrés rendent son exploitation impossible pendant de longues années. Il faudra attendre 1979 pour que la circulation soit entièrement rétablie.
Quand Nice et Turin étaient reliées directement
Entre 1928 et 1940, la ligne connaît son âge d’or. Des trains directs relient quotidiennement Nice à Turin en environ six heures. Certains sont même prolongés jusqu’en Suisse via Domodossola.
À cette époque, la gare frontière italienne se situe à Saint-Dalmas-de-Tende. Mussolini y fait construire une gare monumentale destinée à accueillir les contrôles douaniers et à impressionner les voyageurs. Aujourd’hui abandonné, cet imposant bâtiment existe toujours.

Aujourd’hui, la situation est beaucoup moins satisfaisante. Les voyageurs souhaitant relier Turin à Nice doivent changer de train à Tende ou à Breil-sur-Roya. D’un côté circule un train régional Trenitalia entre Cuneo et Vintimille ; de l’autre, un TER de la SNCF assure la desserte entre Tende et Nice.
Depuis l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire, les deux compagnies ne s’entendent plus et ne proposent toujours ni billets communs ni horaires réellement coordonnés. De ce fait le voyage devient plus compliqué à organiser. C’est désolant.
Le Train des Merveilles (version française)
Dernière étape de mon voyage : je me rends à la gare de Tende pour prendre le TER exploité par la SNCF jusqu’à Nice.
Le train est tout neuf et relativement peu fréquenté. Contrairement au train italien qui relie, avec une correspondance courte, les métropoles de Turin et Vintimille, le train français se limite à un rôle de désenclavement des villages de la Roya. Quelques touristes l’empruntent également pour admirer les paysages spectaculaires des Alpes-Maritimes.

Les tunnels sont particulièrement nombreux et présentent une caractéristique étonnante : plusieurs sont hélicoïdaux.
Entre Tende et Breil-sur-Roya, le train perd plus de 500 mètres d’altitude en moins de vingt kilomètres. Or un train ne peut franchir qu’une pente relativement faible. Les ingénieurs ont donc imaginé un système ingénieux consistant à faire décrire de larges spirales au tracé de la voie à l’intérieur même des montagnes afin d’allonger artificiellement le parcours.
Entre Saint-Dalmas-de-Tende et Fontan-Saorge, ouvrez l’œil : vous apercevrez, très en contrebas, une voie ferrée sur l’autre versant de la vallée. Il ne s’agit pas d’une autre ligne, mais bien de celle que votre train empruntera quelques minutes plus tard en sortant d’un tunnel hélicoïdal. L’effet est étonnant car on ne sent pas le train tourner dans le tunnel.
Je remarque également les nombreux filets installés au-dessus de la voie. Ils servent à détecter les chutes de pierres. Si un rocher vient rompre un câble électrique, la circulation ferroviaire est immédiatement interrompue afin d’éviter tout accident.










Breil-sur-Roya et Sospel
Il m’aurait fallu un jour de plus pour découvrir les villages de Breil-sur-Roya et Sospel. Aussi, ce que je peux vous en dire est seulement ce que j’en ai vu depuis le train.
À Breil-sur-Roya, mon regard est attiré par plusieurs anciennes locomotives et tramways. Il s’agit de l’Écomusée du Train des Merveilles, qui présente du matériel ferroviaire historique et retrace l’histoire de cette ligne hors du commun. Malheureusement, lors de mon passage, le musée était fermé.

La gare de Breil-sur-Roya ne passe pas inaperçue avec son rose pétant !
De Sospel, nous ne verrons de loin que le palais du golf. Il a été créé au début du XIXe siècle pour de riches aristocrates venant sur la Côte d’Azur se détendre l’hiver à jouer au golf. Ouvert en 1914, il n’a jamais vraiment servi comme tel. Aujourd’hui, il est occupé par des appartements privés.

Au fur et à mesure que nous avançons, les reliefs se font plus doux, la végétation plus méditerranéenne et les constructions plus nombreuses.

Nice, la plus italienne des villes françaises
Voilà enfin Nice, terminus de mon voyage.
Depuis Cuneo, distante d’à peine 120 kilomètres, j’aurai traversé 81 tunnels, franchi 407 ponts et viaducs et marqué 21 arrêts dans des gares intermédiaires. Parti de Cuneo, située à 550 mètres d’altitude, je serai monté jusqu’au tunnel du col de Tende, à 1 040 mètres, avant de redescendre progressivement jusqu’au niveau de la Méditerranée.
La gare de Nice-Ville a été joliment rénovée tout en conservant son architecture d’origine. Sa grande verrière et son élégant bâtiment de style Second Empire rappellent l’époque où Nice devenait la destination hivernale privilégiée de l’aristocratie européenne.


En sortant de la gare, je rejoins naturellement la promenade des Anglais pour admirer la baie des Anges, dont la beauté explique à elle seule pourquoi Nice demeure l’une des villes les plus emblématiques de la Méditerranée.
Mon récit s'arrête là. La belle ville de Nice que j'aime beaucoup fera certainement un jour l'objet d'un autre article.

Paris — Nice via Turin en train : une idée pas si saugrenue que ça !
D’un point de vue purement pratique, aller de Paris à Nice en passant par Turin n’est évidemment pas l’itinéraire le plus efficace. Mais le but de ce voyage n’était pas d’arriver le plus vite possible. Il était de profiter du trajet autant que de la destination. De ce point de vue, je suis ravi de mon choix.
Nice et Turin ont longtemps appartenu au duché de Savoie. Les découvrir au cours d’un même voyage permet de mieux comprendre leurs origines communes. Et, sur un plan plus personnel, elles figurent toutes deux parmi mes villes préférées : l’une en France, l’autre en Italie.
Ce voyage m’a également permis de franchir les Alpes en train à travers des paysages spectaculaires, sur deux lignes ferroviaires parmi les plus belles d’Europe.
Les villages de la vallée de la Roya ont été une magnifique découverte. Loin de l’agitation de la Côte d’Azur, ils ont su préserver une authenticité qui devient de plus en plus rare.
Enfin, ce voyage m’a beaucoup appris sur le plan historique, aussi bien avec la visite du Palazzo Reale à Turin qu’en découvrant l’extraordinaire histoire de la ligne du Train des Merveilles.
Avec ce voyage, j’ai voulu vous montrer que le voyage commence non pas lorsque l’on arrive à destination, mais dès l’instant où l’on ferme la porte de chez soi. C’est une conviction et je suis heureux d’avoir pu le vérifier une fois de plus.
J’ai découvert un itinéraire, finalement pas si compliqué à organiser, mais ô combien riche en émotions et en nouvelles découvertes.

Conseils pratiques pour votre voyage de Paris à Nice via Turin en train
Où réserver votre voyage en train
Pour faire ce voyage, il faudra obligatoirement jongler entre la SNCF et Trenitalia, deux compagnies autrefois partenaires et aujourd’hui férocement concurrentes.
De Paris à Turin, vous avez le choix entre la SNCF et Trenitalia. Les tarifs varient selon la demande, de très bon marché à hors de prix. À vous de bien comparer les prix sur les sites des deux compagnies.
De Turin à Nice, les tarifs sont très modiques, car ils sont subventionnés par les régions Piémont et Provence-Alpes-Côte d’Azur.
De Turin à Tende, avec une correspondance à Cuneo, vous devez obligatoirement prendre Trenitalia.
De Tende à Breil-sur-Roya, vous avez à nouveau le choix entre la SNCF et Trenitalia.
Au-delà de Breil-sur-Roya, la ligne se divise en deux : la SNCF continue vers Nice, tandis que Trenitalia poursuit vers Vintimille.
Pour connaitre, les tarifs et les horaires consultez directement les sites des deux compagnies ferroviaires sur les relations qu'elles exploitent chacune.
Les offices du tourisme
Les sites des offices du tourisme sont une véritable mine d'information.
À Turin :
L'office du tourisme de la vallée de la Roya est rattaché à celui de Menton. C'est d'ailleurs, une belle alternative à Nice pour terminer votre voyage si vous décidez de passer par Vintimille.
A Tende, passez au bureau situé près du musée des Merveilles pour récupérer des plans et des brochures afin d'organiser vos visites.
La météo !
J'ai effectué mon voyage en juillet et tant à Turin qu'à Nice j'ai eu très chaud ! Par contre, dans la vallée de la Roya les journées restaient supportables et les nuits très agréables.
Je vous conseille donc de faire ce voyage plutôt en juin ou en septembre.
Se loger
À Turin, le choix est très large et à tous les prix. Cherchez avec votre moteur de recherche favori, mais essayez de rester dans le centre, pas trop loin de la gare de Porta Nuova et de la Via Roma, afin de pouvoir tout visiter à pied.
A Turin, j'ai été très satisfait de mon choix : proche de la gare de Porta Nueva, confortable et à un prix raisonnable.
Loger Confort Residence & Apartments
Dans la vallée de la Roya, le choix est beaucoup plus limité et les hébergements affichent vite complet en haute saison.
À Tende, j’ai dormi chez Mandy, qui propose, dans le bas du village, une chambre simple mais confortable chez elle. Elle loue également des VTT électriques. Vous pouvez la contacter sur sa page Facebook. Elle fera tout son possible pour que votre séjour soit réussi :
A la Brigue, l'hôtel Fleur des Alpes a bonne réputation.
A Saorge, il n'y a pas d'hôtels mais il est possible de louer un petit appartment et les avis semblent positifs.
Buon viaggio !
Bon voyage !

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